Mustii, quand le talent ne s’arrête pas au cinéma

Interview : Emilie Malburny // Photos : Frédéric Beth

Avec son premier album 21st Century Boy sorti en octobre dernier, Thomas Mustin alias Mustii est rapidement devenu un phénomène dans le monde de la musique. Nous avons eu la chance de le rencontrer lors de son passage aux Solidarités, où il a enflammé la scène de l’Esplanade en clôture du deuxième jour.

Crédit Photo : Frédéric Beth

Si vous ne connaissez pas sa voix, c’est que vous vous êtes exilés sur Mars ces trois dernières année. Mustii, c’est un comédien, un acteur, un auteur-compositeur, une concentration d’énergie et de générosité qui développe chaque corde de son arc à force de travail, de précision et de passion. Une étoile montante de la scène belge qui crève l’écran.

Cinqmille : Après un premier EP « The darkest night » (Black Gizah Records, 2016) aux sonorités assez sombres, tu nous reviens avec « 21st Century boy » chez Warner. Une sorte de journal intime parlant de résilience, peux-tu nous en dire plus ?

Mustii : C’est effectivement construit comme un journal intime, l’histoire a été créée pour que chaque chanson représente une page du journal. Le personnage principal de celle-ci est 21st Century Boy. J’aurais pu lui donner un prénom, mais je voulais donner une signification un peu vague, un peu générale, comme un logo.

L’album parle d’une personne à laquelle chacun peut s’identifier, surtout à l’adolescence, cette période qui peut être le théâtre d’événements traumatiques (ruptures, accidents, attentats, etc.). Cela nous fait entrer en résilience et nous apporte un lot de questions, comme le lien à la spiritualité, notre place dans le monde et notre rapport aux autres.  On peut avoir le sentiment d’être un peu à part et de ne pas avoir de prise sur le monde qui nous entoure. L’inspiration pour cet album vient aussi des films qui parlent de l’adolescence, dont ceux de Gus van Sand et Larry Clark.

Crédit Photo : Frédéric Beth
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C.M. : Il y a-t-il une part de toi dans les textes ?

M : Que cela soit conscient ou pas, il y a certainement un lien avec ce que j’ai vécu. J’étais timide et un peu l’écart quand j’étais plus jeune. Cela va un peu mieux maintenant, notamment grâce au théâtre. Mais j’aime bien ce genre de personnage au cinéma, les électrons libres qui tentent de trouver leur place et du sens, qui ont un pied un peu en dehors du monde. J’aimais bien ce concept d’un jeune gars qui écrit son journal intime, qui prend ici la forme d’un album musical.

C.M. : Est-ce une suite au premier EP ?

M. : Pas vraiment. J’ai voulu créer une scission, notamment en travaillant avec des personnes différentes. Le son et la production sont relativement différents sur cet album, même si l’on reste dans quelque chose de pop, j’ai voulu une réelle rupture entre les textures sonores et la thématique.

Crédit Photo : Frédéric Beth

C.M.  : A l’instar de David Bowie, tu navigues entre cinéma et musique. Est-ce pour toi une façon de dévoiler tes multiples facettes ou est-ce que ces deux mondes sont complètement distincts ?

M : Ils ne sont pas complètement distincts parce que je me sers de l’un pour l’autre. Le théâtre m’aide à faire de la scène, je me considère plus comme un acteur qui fait de la musique. Aujourd’hui les artistes tendent à être multidisciplinaires, nous avons une multitude d’outils à disposition, autant les utiliser. Il n’y a plus d’étiquettes prédéfinies, ou de scission entre les différentes disciplines, au contraire elles se servent les unes des autres. La culture s’hybride, c’est une richesse.

C.M. : Quel message as-tu pour tes fans qui attendent depuis ce matin (le concert de Mustii était programmé pour 23 heures le samedi) ?

M : C’est vrai ? Je suis hyper touché, mais aussi un peu mal à l’aise. J’admire leur courage et leur endurance et je ne sais pas comment les remercier, à part tout donner ce soir sur scène et leur offrir le spectacle qu’ils attendent, voire les surprendre !

Crédit Photo : Frédéric Beth
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C.M. : Pour terminer par une touche un peu légère et personnelle, pourrais-tu te décrire en trois mots ?

M : C’est difficile… Je dirais angoissé, passionné et curieux.

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Découvrez Mustii le 6/11 au Cirque Royal de Bruxelles et le 07/12 au Centre Culturel de Soignies.

Facebook et Instagram : @mustiimusic

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