Interview : Typh Barrow

Interview de Emilie Malburny // Photos Officielles par François Leboutte

Depuis la sortie de RAW, son premier album, et son passage très remarqué dans la dernière saison de The Voice Belgique, Typh ne cesse de faire parler d’elle. L’interprète de Replace est assurément une valeur sûre de la scène belge actuelle. Retour sur une rencontre à l’occasion des Fêtes de Wallonie en septembre dernier à Namur.

Je n’ai pas l’intuition ni la plume de l’écriture francophone…

Cinqmille : Tu es une artiste complète aux influences anglophones très marquées, est-ce pour cela que tu as décidé de te lancer dans la langue de Shakespeare ?

Typh Barrow: C’est un choix intuitif et naturel dans le sens où j’ai toujours grandi dans la musique anglo-saxonne. À la maison nous écoutions surtout la musique de mon papa, qui était la figure dominante, donc beaucoup de blues, de soul, de jazz, le tout en anglais forcément. J’ai donc grandi avec le sentiment que la musique sonne « anglais », et vers treize ans quand j’ai commencé à composer ma propre musique, je l’ai fait dans une espèce de yaourt proche de l’anglais. C’est très bizarre, le français est ma langue maternelle mais ce n’est pas naturel pour moi de l’utiliser pour chanter. Je n’ai pas l’intuition ni la plume de l’écriture francophone, j’écoutais d’ailleurs très peu d’artistes de ce type dans le passé. C’est un choix un peu éducationnel.

CM : Depuis 2013 et ta reprise de Gansta’s Paradise, comment décrirais-tu ton parcours ?

TB : Je ne sais absolument pas, je n’ai pas le sens du temps qui passe. Disons que cela a toujours été ascendant et progressif. Nous avons vraiment monté les échelons un à un avec mon équipe, j’ai la chance d’être entourée par des gens très bienveillants et très talentueux. En particulier François Leboutte, mon producteur. Je suis quelqu’un d’impatient, et les choses qui arrivent dans la précipitation peuvent s’envoler rapidement. Mais là nous avons vraiment fait les choses dans l’ordre, progressivement. Et avec le recul j’en suis vraiment reconnaissante car tout cela me permet de savourer complètement ce que je vis.

CM : Pour ton Album « RAW », tu as collaboré avec de grands noms comme Danton Supple (Coldplay, U2), Al O’Connel (Bruno Mars, Mark Ronson) et Jean-François Assy (Bashung, Christophe). Comment arrive-t-on à approcher ces professionnels au CV incroyable ?

TB : Cette question devrait être posée à mon producteur, parce que c’est lui qui a pris l’initiative. François est vraiment mon binôme dans ce projet, il est le deuxième poumon de Typh Barrow. C’est lui qui fait, en partie, la direction artistique et musicale. Il a donc des visions sur certaines chansons et, connaissant très bien le métier, il a eu l’idée d’approcher ces personnes en leur envoyant simplement un e-mail ou en passant un petit coup de fil. Ce sont des gens qui travaillent avec le cœur, ils ont écouté et nous voulions bien évidemment que cela leur plaise pour qu’il y ait une alchimie, mais j’ai été très surprise qu’ils acceptent de travailler sur mon projet. J’ai trouvé cela incroyable. Je me sens très chanceuse.

Photo Officielle par François Leboutte

Ce sont des choses que je vis, ou des choses qui me touchent directement ou indirectement via mon entourage.

CM : Parlons un peu de « RAW », ton premier album. Tu y parles de joie, de fragilité, de peurs. D’où t’est venue l’inspiration ?

TB : La plupart de l’album est autobiographique. Ce sont des choses que je vis, ou des choses qui me touchent directement ou indirectement via mon entourage. Mais l’inspiration peut aussi venir d’ailleurs : un livre, une musique, une phrase, une conversation ou un feeling.

CM : Que retires-tu de l’aventure « The Voice » ?

TB : Plein de bonnes choses. Cela a été une aventure humaine et musicale très enrichissante, très intense aussi. Vraiment sur les deux plans. Ce qui signifie que pour moi, cela a été une année assez « rock&roll » car nous avons tout fait en même temps : la tournée, les concerts, « The Voice », la préparation du prochain album. Les vacances furent les bienvenues !

CM : Replace, ton dernier titre, annonce l’arrivée d’un nouvel album, peux-tu nous en dire plus ou est-ce encore prématuré ?

TB : C’est moins que prématuré, mais j’aime bien garder l’idée de la surprise. Ça reste des sujets qui nous touchent, mais je préfère laisser le suspense planer encore un peu parce que ce seront deux opus très différents.

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