DE LA TRAME À TRAMA

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Rédaction/Itw : Laura Perez Castellano // Photo : Skit

La fast fashion n’a qu’à bien se te(r)nir ! De son petit atelier namurois, Trama conçoit des accessoires et des vêtements avec une patte reconnaissable entre 1000 et un appétit insatiable. Rencontre avec une créatrice inspirée et inspirante !

CinqMille : Qui es-tu et que fais-tu?

Vanessa Morhardt : Je m’appelle Vanessa, je viens de Namur. Le point de départ de tout ce que je fais c’est le dessin, je travaille beaucoup ce qui est dessin technique et graphique, que je décline ensuite sur des objets et des vêtements en utilisant la couture et la sérigraphie.

CM : Quand et comment la marque Trama est-elle née?

VM : Trama est né en 2012, au départ nous étions deux, avec Laura Blanco. On animait des ateliers couture et chacune créait des choses de son côté. Nos univers étaient assez complémentaires, on a eu envie de travailler ensemble et ça a super bien fonctionné ! Puis Laura a eu d’autres opportunités professionnelles et vu que la marque était en train de décoller, j’ai continué seule. Pour le moment, ça marche encore! Maintenant je me lâche plus dans mon style et du coup l’univers de la marque a un peu évolué, comparé aux débuts.

CM : On peut donc dire que Trama te ressemble à 100%?

VM  : Oui! Je ne fais que ce que j’aime! Je ne fais jamais quelque chose que je ne porterais pas moi-même.

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CM : Le nom s’est-il imposé facilement?

VM : Ah non, on a cherché pendant des jours et des jours! C’est parti de l’idée que créer quelque chose c’est aussi créer une histoire, du coup le mot trame est apparu, il y a la trame dans la sérigraphie, la trame du tissu… Et voilà !

CM : Quelles sont tes influences de prédilection?

VM : C’est le streetwear. J’ai fait du graffiti il y a longtemps et tout est parti de là. J’adore la couture mais ce qui me plaît avant tout, c’est le fait de décorer un vêtement, de mettre mes propres dessins sur le tissu.

CM : Dans ton travail, on sent l’influence des années 70 à 90 mais les dernières collections ont vraiment une patte très 80-90, non?

VM : Oui, à fond! Je suis une grande nostalgique de ces années-là! C’est clair que c’est aussi la tendance du moment, mais perso je me suis habillée comme ça pendant des années, donc je suis contente que ça revienne!

CM : Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ces années-là?

VM : Je les ai vécues et je m’y sentais bien. C’était les débuts du hip hop, du skate, du graff, toutes ces choses que j’adorais et qui ont révolutionné ma façon de voir la mode.

CM : Qu’est-ce que tu fais quand tu cherches l’inspiration?

VM : J’aime sortir, me balader dans la rue. J’aime bien aussi me plonger dans des bouquins, mais rarement de mode. Je regarde plus des bouquins de déco, de design ou de graffiti. Même un bâtiment peut m’inspirer.

CM : Tu crées tes motifs et tu les sérigraphies sur des pièces que tu conçois toi-même, c’est important pour toi de garder la main sur tout le processus créatif?

VM : Quand j’imprime, ou que j’achète du tissu, je ne sais pas encore forcément ce que je vais faire avec. Je crois que c’est pour ça que j’ai besoin de tout gérer de A à Z, ça me laisse la liberté de partir dans des directions différentes, que ce soit au niveau des couleurs, du motif, du modèle… J’imprime le tissu au mètre, pour pouvoir utiliser les motifs comme je veux.

CM : Tu sors deux collections par saison, un rythme assez soutenu pour une marque indépendante!

VM : Oui plus ou moins, je sors parfois des nouvelles pièces en plus en cours de collection. C’est justement le fait de tenir ce rythme, avec les bijoux surtout, qui m’a permis d’investir et de commencer le textile il y a 1 an environ. Les gens et les boutiques sont toujours en recherche de nouveauté, donc tu es obligé de suivre. Je me lasse vite de ce que je fais et j’ai un besoin constant d’évoluer, c’est une cadence positive pour moi!

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CM : Est-ce que tu peux nous dire en quelques mots à quoi ressemblera la collection de ce printemps?

VM : Toujours dans le style 80’s-90’s, très Californie, très vacances, avec pas mal d’ensembles, de pièces textiles coordonnées. Au niveau des motifs j’ai quelques idées, avec le temps je remarque que certains s’arrondissent un peu, sont moins géométriques.

CM : Si tu devais pointer un projet ou une pièce dont tu es fière, ce serait quoi?

VM : Je dirais la collaboration du printemps passé avec trois artistes namurois – le beatmaker OLVO, Demos du collectif Drash et le graffeur Mister Gillus-, à qui j’ai demandé de me faire un motif, que j’ai imprimé ensuite sur des tissus qui ont servi à créer des chemises, des portefeuilles et des sacs bananes. J’ai bien aimé le résultat final et eux aussi, c’est gai de travailler de temps en temps avec d’autres personnes !

CM : Un rêve ou une envie pour le futur de Trama?

VM : Si j’avais un budget illimité, je travaillerais sur de la déco, du mobilier, du papier peint… Ce sont des pièces qui nécessitent du temps et des moyens et qui ne se vendent pas de la même manière que des accessoires ou des vêtements.

CM : Ta meilleure fête à Namur?

VM : Les meilleures fêtes à Namur, c’est chez Drash!

Retrouvez Trama à Namur:

Simply D – Rue Saint-Jean, 12

Made In Concept Store – Rue des Brasseurs, 12

Mama is Cool – Rue du Président, 17

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