Interview : Au (fil du) Rê(ve)

Interview : Alexane Chrétien // Photos : Philippe Santantonio

Cinqmille : Parle-nous de toi, qui es-tu, que fais-tu ? Comment as-tu commencé à dessiner ?

Au Rê : À l’âge de trois ans on m’a mis des pastels en main et je ne les ai plus jamais quittés, cela a été pour moi une révélation. À six ans, j’ai voulu suivre des cours de dessin que j’ai effectués à l’académie des Beaux-Arts de Sambreville. J’y ai suivi des ateliers pluridisciplinaires où j’y découvrirai la peinture, la sculpture et le dessin. J’ai ensuite suivi des cours pour adultes de 12 à 16 ans.

Philippe Santantonio

CM : Tu as donc vécu ton enfance dans un univers très artistique ?

AR : Oui, en parallèle de mes cours de peintures, je prenais aussi des cours de piano, de solfège, de danse et un peu de théâtre plus tard ! J’ai aussi voulu me lancer dans des études de stylisme à 18 ans. J’aimais dessiner des habits, mais je n’avais aucune notion de la couture. J’ai donc cherché une autre école d’art et j’ai tenté l’architecture d’intérieur à Saint-Luc à Liège.

« Je me suis dit que l’art faisait partie de ma vie »

Durant un an, j’ai suivi les cours, mais je ne me sentais pas à ma place. J’ai donc arrêté et fait une année sabbatique où j’enchaînais les petits boulots. Après cette année, je me suis dit que l’art faisait partie de ma vie et que je devais continuer. Je me suis donc inscrite en arts plastiques à l’IPSG à Bruxelles. C’était logique pour moi que je suive cette direction, depuis petite, c’était déjà tout tracé. Maintenant, je suis mi-temps prof et mi-temps étudiante pour devenir art-thérapeute.

CM : Quand on regarde tes œuvres, on peut voir que la femme est ton sujet principal. Comment t’est venue l’envie de te concentrer sur elle ?

AR : C’était pour moi un moyen de survie, une façon d’exister. Comme je n’arrivais pas à m’extérioriser, je le faisais par le dessin.

Aurélie Romani

CM : Pourquoi ne pas avoir choisi l’homme ?

C’était un travail sur moi, sur ma relation à moi-même et à mon environnement

AR : Comme je l’ai dit, c’était pour moi un moyen de m’exprimer, de parler de la femme que je suis. Je me sentais dans un autre monde, incomprise, c’était naturel pour moi de l’exprimer dans mes dessins. Je suis passée par différents stades dans ma vie, j’ai commencé à peindre la femme en rapport avec mon vécu ; sur mes premières œuvres je dessinais mon visage. Mais petit à petit je l’ai effacé, comme si quelque part je me sentais un peu « objet ». C’était un travail sur moi, sur ma relation à moi-même et à mon environnement.

Philippe Santantonio

CM : Pourquoi utilises-tu différentes techniques dans ton travail ?

AR : C’est en rapport à mes expériences de vie, aux personnes que j’ai rencontrées, mais ça reflète surtout un état émotionnel. Je ne créais plus depuis quelques années par manque de confiance. En découvrant l’art thérapie, je me suis découverte et ré-ouverte. Mais c’est surtout grâce à mes expériences de vie que je suis passée à quelque chose de plus libérateur.

… Je suis passée à quelque chose de plus libérateur.

Dans mes premières créations, on peut remarquer que j’utilisais le noir pour me représenter, et petit à petit, la couleur est arrivée. Mes créations diffèrent en fonction de mes expériences mais aussi de mes relations amoureuses. En fonction de l’état d’esprit dans lequel je me trouve, je vais privilégier une technique à une autre. Mon style, c’est la femme, mais j’aime la faire découvrir sous différents angles.

Aurélie Romani

CM : As-tu des influences ?

AR : Non. Tout vient de moi. Il y a bien sûr des artistes que j’adore, mais tout vient de moi. Mon style c’est la femme, c’est elle qui décide.

CM : Parle-nous un peu de ton exposition qui se passe « Chez Juliette ».

AR : J’y expose jusque février 2020. J’ai choisi cet endroit, car ça se prête bien à mon art, c’est chaleureux et c’est un café de fille ! Le bâtiment a été laissé à l’état brut, on y voit les briques des murs, tout comme mon travail qui peut être un peu dark, mais au fond, je suis chaleureuse. C’est en fonction de ma personnalité, de mes œuvres.

Philippe Santantonio

CM : Si tu devais te décrire en un mot lequel serait-ce ?

AR : Funky, j’ai toujours eu cette lumière, cette force en moi qui me fait rebondir dans n’importe quelle situation.

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Aurélie Romani

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