Une belle aventure humaine 

Chronique de Alexandre Martorana/ Photos et textes de Philippe Santantonio

De la citadelle à Jambes, Philippe Santantonio nous invite à découvrir des visages et des histoires toutes plus différentes les unes des autres. Humans Of Namur est un projet qui a vu le jour avec l’arrivée du Covid-19. Au fil des rencontres et du hasard, le projet a pris forme. Le but est de se centrer sur l’humain et de le mettre en avant. De jour en jour, Philippe poste une photo de ses rencontres accompagnées de textes sur les réseaux sociaux Instagram et Facebook.  

De New York à Namur

Au départ, il est accompagné d’un ruban. Celui-ci représente la différence entre la distanciation sociale et la distanciation physique. Très vite, Philippe Santantonio ressent l’envie de pousser le projet plus loin. Inspiré du photographe new-yorkais Stanton ¹ , Philippe part à la rencontre des Namurois et des Namuroises. Il a pour objectif de les photographier et d’échanger avec eux. On retrouve des anecdotes heureuses, touchantes, parfois tristes. Ce projet reflète des moments de partage et nous montre que les rencontres sont encore possibles. 

Un projet humain formidable

Humans Of Namur est une aventure humaine. On dépasse largement le simple cadre photographique. On ressent la démarche humaniste au fil des photos et des textes. Ce projet nous rappelle que chaque individu est unique du fait de son vécu.  « C’était important pour moi de rester fidèle aux personnes que je rencontrais et qui me partageaient leurs histoires ». En ces temps difficiles de pandémie, ce projet nous incite à ne pas baisser les bras.  Une photo et une histoire partagée, voilà le secret de ce magnifique projet. « Les humains de Namur, je les trouve accueillants, ouverts et surtout optimistes ». 

¹ Brandon Stanton est un jeune photographe de 27 ans originaire de Géorgie. Ancien financier à Chicago, il s’installe à New York en 2010, décide de prendre 10 000 portraits des New-Yorkais et les recense sur son blog Human of New York. (blog.grainedephotographe.com) 

Retrouvez toute l’actualité de Philippe Santantonio sur: 

Instagram: https://www.instagram.com/humansofnamur/?hl=fr

Humans of Namur

Philippe Santantonio

Que la ville est triste ! Seule dans la rue Pépin, Clara avait l’impression que Namur ressemblait à une ville fantôme en ce début de dimanche après-midi. Pourtant, Clara est optimiste dans l’âme. Cette pandémie, elle estime qu’on en voit le bout. Certes, la crise n’est pas finie mais il faut continuer à s’accrocher ! Elle reconnaît un avantage au port du masque et elle l’apprécie particulièrement : celui de pouvoir oublier de se maquiller !

Philippe Santantonio

Trop d’écrans, pas assez de livres ! Corentinne est étudiante à l’IATA dans la section « arts de la parole et du théâtre ». Son cours préféré : la déclamation ! C’est sans doute sa passion pour les livres qui l’a poussée dans cette voie. Elle en lit en moyenne 3 ou 4 par mois. Elle vient de terminer « Roméo et Juliette » mais son ouvrage préféré reste « Le Comte de Monte-Cristo ». Elle regrette que les jeunes passent autant de temps devant les écrans au lieu de s’intéresser à la littérature.

Philippe Santantonio

A la découverte de Namur ! Florence, infirmière belge a rencontré Nicola lors d’un séjour en Italie. Voyageurs dans l’âme, c’est pourtant dans le petit village natal de Nicola situé près de Naples que leurs chemins se sont croisés. Ils sont à présent installés en Belgique depuis le mois d’août. Week-end après week-end, ils partent à la découverte de destinations belges. Ce dimanche c’est le tour de Namur. Pourtant le portrait qu’on leur a dessiné de la capitale wallonne n’est pas flatteur. Petite ville de province sans beaucoup d’intérêt et offrant peu d’activités de loisirs. Ils souhaitent se faire leur propre opinion. Leurs sourires réjouis lorsque je les ai rencontrés sur le site de la Citadelle laissent présager une perception plus positive de notre cité mosane.

Philippe Santantonio

S’aimer soi-même ! Alors qu’elle promenait son chien, Sarah accepta volontiers d’interrompre sa balade pour consacrer du temps au projet #HumansOfNamur. Sarah constate que peu de gens prennent du temps pour eux. Ils sont rarement à l’écoute de leur propre corps. « Aimez-vous vous-même » c’est le message que Sarah voudrait transmettre. Le regard négatif d’autrui ne l’impacte pas. Le yoga est un allié sur ce chemin. Une philosophie que Sarah met en pratique tous les jours auprès ses élèves de maternelle.

Philippe Santantonio

Vous tombez à pic ! Célia et Kylian se connaissaient depuis leur premier baiser échangé à 12 ans. Depuis ils s’étaient perdus de vue. Les parcours scolaires, les chemins de la vie les ont éloignés. C’est par pur hasard qu’ils se sont retrouvés. Ils sont à présent décidés à poursuivre leur parcours ensemble et étaient tout heureux de me rencontrer pour immortaliser leur première photo de couple.

Philippe Santantonio

A bas la déprime ! Claudine et Jean sont amoureux de la nature et sportifs dans l’âme. Malgré l’annulation des marches organisées par l’ADEPS, ils maintiennent le rythme et enfilent les kilomètres de marche quotidienne. Le sport a toujours fait partie de leur vie même dans des disciplines plus exigeantes comme le parachutisme et l’escalade. Ou bien lors d’une expédition en cordée et chaussés de crampons à l’assaut d’un sommet suisse culminant à 4200m. C’est sans doute cet art de vivre qui les rend optimistes malgré les circonstances. Il faut garder espoir, la vaccin arrive. Ne tombons pas dans la déprime.

Philippe Santantonio

Prendre du recul ! Maud travaille dans un café-théâtre bien connu dans le centre de Namur. Elle évolue donc au croisement de l’horeca et de la culture : 2 secteurs particulièrement impactés par les mesures sanitaires liées au covid. Retrouver son activité est évidemment une priorité. Elles nous encouragent vivement à soutenir ces 2 fondations de notre vie sociale. Maud reconnaît néanmoins que cette crise a le mérite de lui donner l’opportunité de prendre du recul et de se recentrer sur l’essentiel.

Philippe Santantonio

Mon défi 2020 ! A 37 ans, Anna s’est lancée dans un nouveau défi. Elle souhaite apprendre à jouer du violoncelle. Les cours suivis par sa fille lui en ont donné l’envie. Pas facile, lorsqu’on n’a jamais pratiqué d’instrument de musique. Cela nécessite beaucoup d’entraînement mais la sensation de la musique qui s’empare du corps est telle, qu’Anna s’astreint aux nécessaires séances de répétitions quotidiennes. Après un premier trimestre consacré à la manipulation des cordes, la formation se poursuit au contact de l’archet. Un réel plaisir !

Philippe Santantonio

Skate park indoor ! J’ai rencontré Alex et Julien au skate park de Jambes. Ils bravaient le froid pour pratiquer leur sport. Ils font partie de cette grande famille des « skaters » qui se réunissent sous l’arbre à chaussures. Au moins 2 générations s’y croisent. Les plus anciens accompagnent les nouveaux arrivés dans leur premiers tours de piste. L’endroit remporte un tel succès qu’il devient trop petit. Un agrandissement de l’espace actuel ou même mieux, un skate park indoor. Voilà le rêve des 2 comparses. Le virus ? Bien sûr, il ne faut pas le prendre à la légère. Mais attention à la sur-médiatisation. Il ne faut pas s’arrêter de vivre et d’être soi-même.

Philippe Santantonio

Humour, en avant toute ! Vicky et Diego ont fait connaissance lorsqu’ils travaillaient comme étudiants il y a 2 ans. L’humour occupe une place essentielle dans leur vie. Ils rigolent beaucoup ! C’est d’ailleurs « par humour » qu’ils ont assisté au concert du groupe pop rock humoristique québécois « Les trois accords ». Un des derniers concerts donnés à Liège avant les restrictions sanitaires. C’était génial ! Diego est illustrateur, il est à la recherche d’un emploi ou de collaborations. La communauté « Humans Of Namur » peut-elle l’aider ? Sa page Instagram : @doueggotnuts

Philippe Santantonio

En première ligne ! Etudiante en dernière année pour devenir infirmière, Marie a affronté la crise du covid en première ligne. Au plus fort de la première vague, son stage la plongeait dans un service de soins intensifs. La seconde vague, c’est au sein d’un service d’urgences qu’elle l’a affrontée. Pourtant, ces expériences n’entament pas la détermination de Marie à poursuivre le chemin de sa vocation. Elle conserve sa bonne humeur et sa forme en courant le long de la Meuse. Une manière pour elle de changer d’air.

Philippe Santantonio

Les « Sauverdias » #1. Anne-Marie est bénévole dans cette célèbre maison d’accueil jamboise ouverte il y a plus de 30 ans à l’initiative des Frères de la Charité. « Sauverdias » est un terme wallon qui désigne les oiseaux qui se réunissent autour d’un peu de pain ou d’autre nourriture. C’est l’esprit de ce lieu qui accueille 6 jours sur 7 les personnes en situation de précarité, les défavorisés, les personnes qui vivent la solitude et qui leur propose le petit déjeuner, le dîner et des plats à emporter. Entre 70 et 100 personnes bénéficient chaque jour des dons des magasins et autres. Une équipe de 50 bénévoles oeuvrent à cette mission. Chaque jour d’ouverture, environ 10 bénévoles se relaient pour les préparatifs, le conditionnement, l’accueil, le service, le nettoyage. Mais aussi pour offrir un peu de chaleur humaine. Tout cela dans le plus grand respect des mesures sanitaires : prise de température à l’entrée, tables espacées et de maximum 4 personnes réunies dans leur « bulle ».

Philippe Santantonio

A la découverte de Namur ! Ses études de géographe ont amené Jonas a bien bourlingué. Strasbourg d’abord, Copenhague ensuite pour apprendre l’anglais et pour terminer un mémoire sur les vignobles français. A présent, il vient de s’installer à Namur pour raisons professionnelles et apprécie le caractère paisible de la ville. C’est une de ses premières sorties, il souhaite découvrir le château de Dave et ses alentours.

Philippe Santantonio

Vous prendrez bien une petite coupette de Cava ? Ce projet « Humans of Namur » suscite les rencontres. Celle avec Manon et Baptiste conservera pour très longtemps une saveur particulière. Au propre comme au figuré. J’explique mon projet au couple installé sur un banc en bord de Meuse et j’apprends que les amoureux sont friands du karaoké. Ils reconnaissent être de piètres chanteurs et remercient leurs voisins de faire preuve de tolérance. Une chanson qu’ils affectionnent particulièrement mais massacrent allègrement : « Couleur menthe à l’eau » d’Eddy Mitchell. Après cette confession, Baptiste me propose spontanément de partager une petite coupette de Cava avec eux. Surpris, j’hésite mais Baptiste confirme la proposition en allant immédiatement chercher une bouteille dans sa voiture. Nous poursuivons nos échanges tout en partageant cette boisson pétillante et très conviviale. Merci à Manon et Baptiste pour ce moment unique et magique qui illustre parfaitement la finalité du projet HumansOfNamur.

Philippe Santantonio

Le domaine artistique de Michèle c’est la sculpture. Elle anime également des ateliers pour enfants et adultes. Elle a pu continuer à travailler mais avec des groupes très restreints. L’art éveille l’esprit et la créativité. Au même titre que les prestataires de soins veillent sur notre santé, les artistes prennent soin de notre esprit et de nos sens. L’art et la culture doivent se vivre en direct et physiquement, non par écrans interposés. Le gouvernement devrait être à l’écoute des particularités. #Ledelta.

Philippe Santantonio

Bernadette étouffe. Bien que très bien entourée par ses enfants, Bernadette a besoin que ses activités culturelles reprennent. Elle est abonnée au théâtre de Namur depuis plus de 30 ans. Elle adore écouter la chorale de Namur et assister aux séances du Caméo en présence des artistes. Tout cela doit redémarrer, c’est essentiel ! Quand elle a pris connaissance de l’existence de cette manifestation StillStandingForCulture, elle n’a pas hésité une seule seconde et a pris sa place dans la chaîne humaine entourant #Ledelta.

Philippe Santantonio

Alithéa est compositrice de musique classique contemporaine. Elle a déjà été victime de 6 projets repoussés. Pour son doctorat en composition, elle devait se rendre à Montréal. Au lieu d’un voyage au Québec, c’est devant son ordinateur qu’elle est contrainte de suivre les cours. C’est vraiment compliqué l’enseignement à distance ! Elle est d’ailleurs obligée de s’en servir également avec ses propres étudiants. Ceci ne l’empêche pas de souhaiter systématiquement « Courage » à ses élèves en fin de séance. Etre fort et optimiste, c’est nécessaire en temps normal. En cette période de pandémie, ce l’est encore plus.

Philippe Santantonio

Raphaële est une jeune chanteuse d’opéra. Du jour au lendemain, on lui a retiré son moyen d’expression privilégié. Oui elle a pu bénéficier de quelques maigres aides mais au prix de combien de démarches et tracasseries administratives. Elle s’est surtout retrouvée sans travail et sans la possibilité de faire ce qu’elle aime c’est-à-dire chanter. Elle ne se plaint pas : des collègues vivent des situations bien pires que la sienne. Entre les 2 vagues, elle a pu bénéficier de quelques petits contrats en plein air. Son plaisir c’est chanter, elle aime ce qu’elle fait. L’argent, comme tout le monde, elle en a besoin pour vivre. Il ne faut pas s’imaginer que tous les chanteurs d’opéras bénéficient des mêmes salaires que les ténors. Altruiste, elle souhaite que chacun parvienne à trouver la voie du bonheur malgré les difficultés actuelles.

Philippe Santantonio

Artistes bâillonnés ! La présence de Mélodie à l’événement #StillStandingForCulture à Namur se justifiait par plusieurs raisons. En tant que comédienne et artiste travaillant avec les enfants, les contraintes sanitaires la touchent de plein fouet. Elle souhaite également profiter de cet espace pour manifester son désaccord par rapport à la vaccination qui nous est imposée alors que, selon elle, la phase de tests n’est pas terminée. Les artistes sont bâillonnés, on leur enlève leur moyen d’expression. Pourtant la forme artistique se prête bien à l’expression de la contestation. On a besoin de la poésie pour aborder les sujets difficiles.

Philippe Santantonio

Que sonne la trompe ! Olivier et son fils Brieuc sont venus soutenir la culture au Centre Culturel de Namur. A l’occasion de la journée #StillStandingForCulture ils ont fait sonner leur trompe pour porter l’espoir de la culture à un redémarrage rapide. Ils font partie des Disciples de Saint-Hubert de Namur, une société royale qui existe depuis 1907. Ils avaient l’habitude de se réunir une fois par semaine à la « Grand Garde » de la Citadelle et espèrent y revenir bientôt. Les Disciples sont constitués de 10 sonneurs mais la relève se prépare. Une école accueille 20 sonneurs en herbe.