FINES LAMES !

Ces étudiant•e•s ont du talent, découvrez leur création en confinement.

Article réalisé en collaboration avec les vector.ninja, interview menée par Valérie Gérard.

Sélectionné•e•s pour vos beaux yeux par l’équipe du magazine Cinqmille, vous avez pu découvrir dans l’édition papier, les illustrations vectorielles d’étudiant•e•s en première année du bachelier de Techniques infographiques de la Haute École Albert Jacquard. 

Ces images hautes en couleurs représentent un petit échantillon de cette créativité qui nous a séduit parmi la grande diversité des travaux réalisés en confinement.

Initiées au dessin vectoriel dans l’univers des vector ninjas, ces fines lames ont délivré en fin d’année, le résultat d’un processus de pédagogie par projet en évaluation continue, et à distance (covid oblige). Un projet de mise en pratique vectorielle aboutissant petit à petit, à la création d’un prototype dont le thème graphique et les débouchés techniques étaient à définir par l’étudiant•e ellui-même.  À l’apprenant donc de choisir si ses illustrations seront l’objet : d’une impression; d’une animation; d’une réalisation interactive; voire expérimentale pour les esprits les plus libres.

Image : ©2020 HEAJ infographie – Gérard V “parcours d’orientation au choix.” Cliquez pour voir la présentation du cours de design vectoriel 2019-2020.

Un choix qui fut parfois difficile à définir, où tout apparaît dès lors possible pour ces aspirant•e•s infographistes : du logo au badge; du personnage aux stickers; de la typographie à la sérigraphie; des messages engagés imprimés sur des affiches ou des tote bags; des logos animés pour le cinéma, des écrans mobiles, de la réalité augmentée, des jeux à tester…

Découvrez ci-dessous quelques prototypes réalisés par les étudiant•e•s du cours de design vectoriel : 

INTERVIEW des ÉTUDIANT•E•S en DESIGN VECTORIEL

Interview menée par Valérie Gérard.

©2020 HEAJ infographie : Autoportraits (Vector Ninja) de nos étudiant•e•s interviewé•e•s.

Bonjour ninja* ? Est-ce que tu peux nous en dire plus sur toi ?

Peux-tu nous raconter un peu ton parkour graphique ?
D’où viens-tu ? Où vas-tu ninja ?

Dylan De Petter : J’ai toujours aimé dessiner, mais avant c’était plus quelque chose que je faisais pendant mon temps libre. Une fois que j’ai découvert les études d’infographie en secondaire, j’ai directement accroché parce que ce n’était plus juste un passe-temps mais aussi mes études. Après avoir obtenu mon CESS je me suis naturellement dirigé vers des études supérieures dans le domaine de l’infographie à la HEAJ. Je me dirige tout doucement vers la deuxième année avec comme objectif de travailler dans la communication visuelle. 

Léa Yancis : J’ai toujours adoré le dessin aussi loin que je m’en souvienne ! À 15 ans, j’ai commencé à prendre des cours d’illustration/BD dans une petite académie à Châtelet en plus de mes cours et ce jusqu’à la fin de mes secondaires générales. En septembre 2019, j’ai entamé des études d’infographie à l’HEAJ avec la ferme intention de travailler dans le monde de l’illustration !

Mathieu Deschamps : Depuis petit, je dessine un peu partout (mais surtout dans les marges de mes cahiers). J’ai commencé par des stages de dessins, puis j’ai arrêté de dessiner pendant quelques années pour reprendre à fond. Je suis passé d’études générales à des études en qualification à l’IATA à Namur en Industrie Graphique, pour finalement en 5ème pouvoir aller dans l’option infographie. C‘est là, que j’ai découvert le monde du digital et que je suis rentré dedans. J’entame ma 2ème année à l’HEAJ avec comme but d’aller dans le monde de la publicité.

Agathe Mazur : J’ai fait mes études secondaires à St Luc Tournai, en illustration. Après ça j’ai fait mon concours à la Cambre sur Bruxelles, que j’ai obtenu, mais quelques mois plus tard j’ai réalisé qu’on n’était pas en phase, l’école et moi. Au dernier moment, en quittant mon kot, j’entends parler d’une école d’infographie qui se passe à Namur : je n’attends pas plus longtemps pour leur envoyer mon dossier. Maintenant, je souhaite poursuivre en web design.

Peux-tu nous décrire ton style graphique et ce que raconte ta création vectorielle ? 

Vos travaux, sélectionnés par le mag 5000, ont été réalisés en confinement. Cette période a-t-elle été profitable à votre création ou pas ? Quel serait le dojo idéal pour exercer ton art ?

Dylan De Petter  : Totalement ! Sans cette période assez spéciale, il ne me serait jamais venu à l’esprit de faire une illustration de deux personnes qui s’embrassent avec un masque. De plus, j’habite assez loin de l’école et je n’ai pas de kot, donc le fait de pouvoir travailler de chez moi au lieu de passer de nombreuses heures dans les transports en commun m’aura été plus que bénéfique. Pour ce qui est de mon dojo idéal, je dirais tout simplement une pièce isolée dans ma maison, une pièce où de préférence je n’ai pas de distractions. Autrement dit une pièce dédiée au travail, avec un grand bureau pour avoir un espace de travail assez agréable. Une fenêtre pour avoir de la lumière tout au long de la journée. Et une plante verte, parce que c’est important une plante verte !

©HEAJ Infographie – Dylan De Petter (Confined : dossier de présentation)

Léa Yancis : Que nenni ! Le confinement a été une période très difficile d’un point de vue artistique. Je n’avais jamais réalisé à quel point il m’était nécessaire dans mon processus créatif de parler, visiter des endroits, prendre les transports, me dégourdir les jambes … Moi qui suis d’un naturel introverti et timide, j’étais très étonnée de voir que je produisais des dessins moins qualitatifs dans un environnement confiné et restreint, à savoir mon bureau dans ma petite chambre. Le meilleur endroit est pour moi une pièce dédiée à la discipline (pour ne pas mélanger travail et divertissement, ainsi que le repos), avec des murs de couleurs claires, un endroit aéré et lumineux, ordonné et propre.

Mathieu Deschamps : Le confinement a été une période mitigée pour moi. Car j’ai pu vivre à mon rythme, J’arrangeais mes périodes personnelles de travail pour les cours et de sommeil comme je le voulais ce qui m’a permis de me sentir bien ! Mais à l’inverse cette période a été plus dure car j’apprends aussi beaucoup de mes amis et là, être coupé de tout contact avec eux et devoir passer autant de temps enfermé avec ma famille a été plus dur que je ne le pensais. Du point de vue créatif, elle a été pas mal profitable car j’ai pu beaucoup regarder sur les réseaux et découvrir plein d’artistes qui ont encore agrandi ma culture graphique ! Mon dojo idéal serait un studio juste à moi dans lequel je peux un peu me couper du monde pour me concentrer sur mes créations mais pas isolé au niveau de la localisation pour voir des gens !

Agathe Mazur : C’était un épisode très étrange, j’ai mis du temps à m’acclimater, me raisonner. J’ai jamais eu de problème pour travailler seule et cloisonnée, je fonctionne comme ça depuis la nuit des temps. Mais le fait de savoir que je ne peux pas sortir, ça a été un frein psychologique à plusieurs reprises. Jusqu’à ce que la deadline des projets arrive : le stress a alors été mon moteur et ce qui m’a poussée à donner le meilleur de moi-même en le moins de temps possible. J’ai charbonné comme jamais et j’ai livré tous mes travaux la semaine avant les remises. Ah oui… Et pour le dojo idéal, je dirais qu’un lieu avec mon matériel, de la volonté personnelle et de la tranquillité, c’est mon combo parfait.

Une petite arme secrète à dévoiler, une astuce technique à partager avec nos lecteur.ices ?

Dylan De Petter : Personnellement, à chaque fois avant de me lancer dans un projet, je regarde sur des sites comme Behance, Pinterest, … Pour être plus inspiré et ça a toujours fonctionné pour moi.

Mathieu Deschamps : Alors avant chaque création, je commence toujours par me demander dans quelle ambiance/ quel univers je voudrais qu’elle soit. Après, je réfléchis au thème que je veux, si je veux faire passer un message ou juste créer quelque chose. Je vais toujours commencer par faire un croquis papier avant de le scanner et de passer en digital ! Voilà mon arme secrète (et aussi un max de thé).

Léa Yancis : Toujours passer par le croquis papier et ne pas hésiter à faire plusieurs essais, même si on a déjà en tête une idée précise de son projet !

Agathe Mazur : Je suis vraiment la pire pour donner des conseils, surtout ne suivez pas ma façon de faire.

Mais s’il y a un truc que je peux dire, c’est de rester sincère jusqu’au bout et se faire plaisir dans ce qu’on fait quoi qu’il arrive. Je vous promets que vous prendrez votre pied.

Quel est ton conseil pour les jeunes ninjas qui commenceront à la HEAJ ? Quelle méthode d’entraînement, quel état d’esprit ?

Léa Yancis : Je dirais qu’il ne faut pas comparer son travail aux autres : à l’HEAJ, il y a des personnes qui viennent de tous les horizons, de tout âge, avec des bagages techniques variés. C’est aussi enrichissant que ça peut être démotivant ! Il faut se rappeler qu’on est tous là pour apprendre et surtout progresser et la durée de ce processus est différente selon chacun !

Mathieu Deschamps : Mon premier conseil serait d’être soi-même, ça paraît peut-être idiot mais il ne faut pas changer sa manière d’être. Après, il faut de la motivation pour ne pas décrocher, il faut bien répartir son temps sur tous les travaux à faire et pas se concentrer que sur un seul. Et comme l’a dit Léa, ne pas se comparer aux autres car il y a des gens de tous niveaux qui débarquent en 1re.

Dylan De Petter : Il n’y a pas de secret, il faudra s’accrocher et travailler mais si vous aimez ce que vous faites, vous n’aurez jamais réellement l’impression de travailler ! 

Agathe Mazur : Entraidez-vous. Prenez le meilleur dans ce que les gens pourront vous dire. Faites-vous confiance. Dites-vous qu’une erreur c’est la meilleure chose qui puisse vous arriver, alors n’ayez pas peur d’échouer. Soyez à fond, organisez-vous ! C’est gratifiant, ça vous apprend la vie et ça rassure.

Tes influences vectorielles ? Le nom d’un Maître du design vectoriel, d’un collectif ou d’un projet en particulier ?

Léa Yancis : J’aime énormément le travail d’Elita Elkana, Trevor Van Meter et ZRO 30. Leurs styles n’ont rien en commun à part le vectoriel, mais ce sont réellement eux qui m’ont donné envie de m’améliorer dans cette technique.

Mathieu Deschamps : Je suis tombé amoureux de la technique deFernando Nunes pour réaliser ses illustrations. L’artiste Victor Mosquera et Oehan qui m’inspire aussi beaucoup avec son univers et sa technique !

©2020 HEAJ infographie – Mathieu Deschamps (Mockups)

Dylan De Petter  : J’aime beaucoup un artiste indépendant sur Instragram qui se nomme bouherrour mais mon coup de coeur reste Jiinks qui est une artiste très prometteuse dans le domaine de l’illustration selon moi.

Agathe Mazur : Il y a un million d’artistes que j’aime et qui guident mon travail chaque jour, je ne saurais donner leur nom à toutes et tous ici mais j’apprécie le travail à la plume de Kelly Johnson, qu’il est possible de suivre là : https://www.behance.net/artofkellyjohnson Allez voir, ça en met plein les yeux !

Où peut-on vous suivre pour en savoir plus sur votre travail graphique, un portfolio en ligne ?

Mathieu Deschamps : https://www.instagram.com/visach_pal_art

Dylan De Petter : https://www.instagram.com/swzq.design

Agathe Mazur : https://agathemazur.myportfolio.com

Léa Yancis : https://www.instagram.com/y.a.n.c.i.s

Merci à tou•te•s & bonne continuation !

Remerciements particuliers pour la relecture : à Chrys pour l’orthographe et à Marion pour l’écriture inclusive. 

À propos :  

DESIGN VECTORIEL ?

Le design vectoriel est une technique de création numérique fondamentale en infographie. Une image vectorielle offre l’avantage d’être agrandie à l’infini sans perte de qualité et d’être moins encombrante qu’une image composée de pixels en terme de stockage de données. Le design vectoriel offre une grande diversité d’expression et de styles visuels. Les champs d’applications du design vectoriel vont de la conception créative de logos et pictogrammes au design d’information comme la cartographie ou la datavisualisation, en passant par les techniques d’illustration, d’animation, du design d’interaction ou encore du design d’objet.

©HEAJ Infographie – M. Dumortier

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