« En avant » – Un spectacle à l’imaginaire symbolique

Une chronique de Skit

En fin de résidence, après quatre semaines, To Do Compagnie nous a présenté son dernier spectacle. Un plaisir pour Cinqmille de rejoindre Sun Lhonoré et Charline Pielquin pour la clôture de ce nouveau projet « En avant ».

C’est en poussant les portes du Centre Culturel de Dinant, début Novembre, que je retrouve To Do Compagnie. Et j’étais plutôt impatiente de découvrir leur dernière mise en scène.  

Sans plus d’informations, je me laisse emporter. Il y a de ces petits battements de cœur qui ne vous quittent pas vraiment. En avant !

Lumières éteintes, l’entrée se fait sur le personnage principal. Dormant, se dandinant, gesticulant. Un seul en scène qui nous donne rapidement l’eau à la bouche.

À son réveil, cet individu au nez rouge nous embarque sans un mot dans un univers vif et coloré. Je ne mets pas plus de dix secondes pour accrocher au personnage. Ses attitudes, ses expressions, la musique aussi, me font savourer avec douceur et rire ce que je regarde. Sa gestuelle nous invite, public, à participer, à le suivre. Il n’y a aucun texte !  Mais l’ambiance scénique me met en immersion totale. Je souris, ouvre grand les yeux. Je suis du regard ce petit bouffon qui tape du pied, passe sous une table, fait sa toilette ou installe de petits objets avec grande attention. Débordant d’un peu partout. Enthousiaste et tellement doux.

Soudainement, l’atmosphère change ! Une sirène se met à hurler.

Celle qui nous fait instantanément penser aux raids aériens allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le clown s’agite, se cache et toujours sans un mot, panique. Puis, plus rien ! La musique reprend et la scène d’entrée se rejoue.

Stop ! L’alarme retentit de nouveau. Panique ! Encore. Ensuite, plus rien ! Le sourire reprend, la scène de la vie quotidienne se re-rejoue.

Agitation ! La sirène encore une fois.

Un enregistrement sonore résonne dans toute la salle. Informant une alerte, un renforcement de troupe, une invasion… Je ne sais plus. Je ne sais plus si mon attention l’a souligné, je suis prise dans ces rebondissements.

Au début, j’ai un peu du mal à suivre, à comprendre ce qu’il se passe. Mais je suis entièrement plongée dans le tableau qui se dresse devant moi. Tous mes sens sont en éveil.

C’est par cette introduction que va se dessiner pendant près de 40 minutes cette aventure dictatoriale. Un récit muet sur la guerre, l’oppression, la dictature.

Entre bouffonneries, cascades et humours, mais aussi tendresse, sensibilité et douceur, ce petit héros au nez rouge me saisit tel un personnage des plus grands films d’animation.

C’est en poussant les portes du Centre Culturel de Dinant, début Novembre, que j’ai eu la chance de découvrir une histoire haute en couleur brodée d’émotions. Un peu comme un Pixar sur scène où le public prend part à la partition.

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