Des cases et des bulles au fin fond d’une cellule

Interview de Rebecca Deville / Photographies de Fréderic Beth

Un événement se nommant « la plus grande planche de BD » se situant dans une cour carrée, est-ce un clin d’œil aux cases de BD où est-ce moi qui m’emballe ?
Dans tous les cas, j’ai eu l’occasion de discuter avec Maxime Gillot, un des organisateur de l’événement afin d’en savoir plus sur le collectif qui co-organise l’événement et pour connaitre son point de vue sur la place de la BD alternative à Namur.

Notre objectif est de créer une plateforme afin de promouvoir la création et la collaboration entre différents artistes

Crédit Photo : Fréderic Beth
Crédit Photo : Fréderic Beth


A peine entrée dans la cour à côté de l’empreinte belge lors de ce samedi 19 septembre, je suis accueillie par François d’Alcalmo, Mai G Nacher et Maxime Gillot. Ils sont tous les trois les organisateurs de « La Cellule » ayant pour objectif de réaliser la plus grande planche de BD ! Maxime, un des créateurs du collectif « Bruit D’Couloir », a éclairé ma lanterne sur cette rencontre qui sort des sentiers battus.

Cet évènement était une première et nous avons l’intention de créer un vrai festival de BD

A peine arrivé, on peut voir pas mal de publications du collectif « Bruit D’Couloir ». Tu peux nous en dire plus là-dessus ?

Le BDC (Bruit D’Couloir) est un collectif artistique d’auteurs que nous avons créé  avec Mai G Nacher. Nous éditons depuis 2018. Le BDC est un fanzine d’expérimentation narrative visuelle et/ou textuelle. C’est une publication évolutive, participative et à présent, saisonnière. Les BDC compte aujourd’hui 11 numéros dont les deux derniers ont été grandement améliorés. Cette édition propose 6 participations de 8 pages abordant un phénomène météorologique changeant. Notre objectif est de créer une plateforme afin de promouvoir la création et la collaboration entre différents artistes, plus ou moins confirmés en créant un climat de dialogue et d’égalité entre eux. Cette action a pour but d’installer un réseau d’auteur.ice.s solidaires, comme ils en existent pour d’autres médiums tel que le théâtre, et donc de rendre le métier moins solitaire face à l’adversité (plus que jamais depuis le début de la crise sanitaire). Etant tout deux d’origines différentes, nous avons la volonté d’agrandir ce réseau un maximum afin d’y inclure le plus possible d’auteurs désireux de partager cette expérience avec nous. C’est donc dans cet esprit que nous tentons d’amener des auteurs internationaux à participer (de Belgique, d’Espagne et de France jusqu’à présent bien que nous avons des projets avec des résidents dans d’autres pays à venir (République Tchèque et Autriche)). Afin de nous diffuser, nous avons participé jusqu’à présent à plusieurs festivals de Bande-Dessinée, Littérature ou Illustration contemporaine en Belgique mais nous sommes également déjà allés 2 fois à Angoulême. Nous irons également (l’année prochaine si tout va bien) au Graf Comic de Barcelone, etc. Cet évènement était une première et nous avons l’intention de créer un vrai festival de BD pour l’année à venir avec François D’Alcamo, l’un des auteurs participants au BDC.

Nous sommes également en train de monter un atelier collaboratif d’édition sur Liège et comptons éditer bien d’autres ouvrages dans un avenir proche.

Crédit Photo : Fréderic Beth

Et dans ce collectif, vous êtes combien ? Et si un.e auteur.trice souhaite vous rejoindre, comment cela se passe ?

Alors nous sommes 2 membres « permanents », moi et Mai. Mais en réalité, plusieurs dizaines d’auteurs participent plus ou moins fréquemment. Et pour participer, il suffit de nous envoyer un message et/ou une participation, on en discute et c’est parti !

On a pour ambition de briser les frontières provinciales

Concernant cet événement, quel était l’objectif ? Créer des liens entre illustrateurs ? Vous faire connaitre du public namurois ?

L’objectif était de relancer un peu l’univers de la (jeune et moins jeune) BD belge qui a été fort touché par la crise sanitaire. Il s’agissait de se rassembler pour passer un moment convivial ensemble autour de notre pratique commune. Ainsi, de nouveaux liens voient le jour et de nouvelles possibilités se profilent telles que, oui comme tu le mentionne, l’idée de répéter ce genre d’évènement mais de plus grande envergure. Le pourquoi de Namur? Car c’est un terrain neutre, ni trop bruxellois, ni trop liégeois. On a pour ambition de briser les frontières provinciales pour rassembler tout ce petit monde dans un cadre où la BD alternative naît tout doucement à Namur.

Crédit Photo : Fréderic Beth

Vous dites justement que la BD alternative commence à poindre son nez à Namur. Quel est ton regard sur la scène alternative au niveau BD sur la province?

Justement, on aimerait amener une touche de « jeune » sur le plateau. Il s’agit donc de sortir du réseau déjà installé afin de créer une petite porte ouverte à tous les auteur.trices de BD, et non seulement quelques élus. L’idée serait de joindre des activités créatives, créatrices, à des colloques et un marché de créateurs pro et moins pro, sans distinction.

Crédit Photo : Fréderic Beth

Pourquoi avoir nommé cet événement « La Cellule » ?

En plus de faire référence aux cases de BD, il faut savoir que le lieu où nous avons organisé « La plus grande planche de BD » (la cour de l’Empreinte Belge) est une ancienne prison pour femme et qui dit prison, dit cellule !

Il y a une possibilité de se procurer cette plus grande planche de BD ?

Nous sommes justement en train de monter un atelier d’impression ici sur Liège et nous l’imprimerons donc dès possible. Le livret reprendra les cases proposées lors de l’évènement. Tenez-vous au courant via nos réseaux pour savoir quand il sortira !

Pensez donc à suivre d’un œil très averti le collectif via leurs réseaux sociaux :
Facebook : BruitDCouloir

Instagram : bruitdcouloir