« DE L’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR » TEDxUNamur

Rédaction de mdg mdg // Photos de Philippe Santantonio

Ça commence comme dans un conte… Un conte de Lewis Caroll, « De l’autre côté du miroir », la suite des « Aventures d’Alice au pays des Merveilles ». Alice, jeune fille curieuse et intelligence, passe de l’autre côté du miroir et découvre un monde absurde. Au fil des rencontres, elle se découvre, elle découvre les autres et devient plus audacieuse à l’égard du monde qui l’entoure. Elle se sent devenir différente.

C’est ce chemin initiatique que l’Université de Namur nous a proposé en février dernier, à l’auditorium Vauban. Des chercheur.euse.s, des créatif.ve.s nous ont emmenés sur leur propre parcours initiatique ou dans leur miroir familier.

On était nombreux.euses, jeunes ou plus trop, à avoir été intrigués par cette invitation au(x) voyage(s). Et pourtant, l’après-midi a été longue et s’est prolongée dans la soirée. De 16h à 21h30, 3 sessions de 4 interventions – « talks » en langage TED –, de 10 à 20 minutes selon les orateurs, entrecoupées de détours le bar et un peu de restauration, entourées d’une intro et d’une conclusion. Du lourd, je vous dis ! 4h de présentation sans couac, un timing au cordeau, une régie technique son et lumière au top…

Du lourd, oui… On passe sans transition du docteur en médecine, au docteur en science de la terre, à la généticienne et on termine la première session avec la neuroscientifique. On respire… Et on reprend avec le cinématographe, la docteure en philosophie des sciences, le directeur de magazine et le mentaliste. On apaise les neurones et on s’achève avec le metteur en scène, la cheffe d’orchestre, le photographe et le mime.

Crédit Photo : Philippe Santantonio
Crédit Photo : Philippe Santantonio

En toute franchise, sur un bateau, je n’en jette pas un.e seul.e à l’eau ! En toute franchise aussi, je ne suis pas sûre d’avoir tout compris. Mais on se prend vite au jeu, embarqué par différents récits de nos vies et des intervenants à la verve assurée, rassuére par des séances de coaching nous dit-on ensuite. La formule et le format sont efficaces.

En fil rouge de toutes ces démarches, de tous ces parcours, on lit clairement l’importance de favoriser les approches transversales et la gestion durable de nos ressources naturelles, sociales et économiques, renouvelables ou non. Un bon bol de prises de conscience, d’anticipation et d’espoir dans un même temps. Nombre de découvertes scientifiques et de recherches exposées ici nous font entrevoir notre monde autrement, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, de la génétique à l’astrophysique. Les sciences y sont au service de nos quotidiens ; les nouvelles technologies et les algorithmes au service de l’intérêt général.

Crédit Photo : Philippe Santantonio

Les réponses aux enjeux d’aujourd’hui et de demain sont dans la science, dans les arts, dans la décision politique ou en soi… Les arts, dites-vous ? Le théâtre aussi permet de voir les invisibles, c’est aussi ça l’autre côté du miroir. Pendant ce parcours initiatique, on nous encourage constamment à faire ce qu’on veut, à croire en soi, à avoir confiance en soi, à chercher et à trouver les solutions en soi, à bosser pour devenir la personne la plus heureuse que vous connaissez. Rien que ça…

Ecouter sa voie et sa voix, c’est aussi retrouver le pouvoir du groupe qui augmente avec sa taille et la conscience qu’il a de sa propre taille, c’est sortir de nos citadelles d’écrans, se protéger les uns les autres et refaire le monde ensemble. Se demander chaque soir si on changerait quelque chose à la journée qui se termine ?

Crédit Photo : Philippe Santantonio
Crédit Photo : Philippe Santantonio
Crédit Photo : Philippe Santantonio
Crédit Photo : Philippe Santantonio

Passons de l’autre côté de la scène avec Marie-Aline Fauville, responsable de la communication externe à l’Université de Namur

Cinqmille : Quel est ton rôle, ton statut dans le TEDx à la namuroise ?

Marie-Aline Fauville : La licence TEDx est à mon nom. La licence est toujours au nom d’une personne, pas d’une institution.

CM : Comment on obtient cette licence ?

MAF : Quand tu organises un TEDx, tu dois remplir un formulaire assez long pour expliquer tes motivations, la thématique… Et TED octroie une licence à l’année pour en organiser un ou deux. Pour un TEDx de plus de 300 personnes, tu dois avoir vu un vrai TED et suivre 4-5 jours de séminaires aux Etats-Unis ou au Canada. Je l’ai fait à San Francisco lors d’un TED Women.

CM : TED, c’est qui, c’est quoi ?

MAF : TED est l’acronyme de Technology, Entertainement and Design. C’est un concept nord-américain qui a vu le jour en 1984 et qui a pour but « de diffuser des idées qui en valent la peine ». C’est la Sapling Foundation, une asbl, qui gère les demandes d’organisation de TEDx. Il y a en a 3.500 par an en moyenne.

Crédit Photo : Philippe Santantonio

CM : Pourquoi avoir voulu organiser un TEDx à Namur ?

MAF : L’idée vient d’une étudiante en droit, Anaïs. Je gérais alors le Quai22 et j’ai accompagné 5 étudiants dans le lancement de ce projet. Le premier a rassemblé 8 conférenciers et 100 spectateurs au Quai22. Les places se sont vendues en 3 jours. L’année suivante, on a remis le couvert sur base d’un appel aux bénévoles parmi les étudiants. Ils étaient 10-12 pour cette seconde édition et on s’est lancé dans la version en grand, comme aujourd’hui.

CM : C’est quoi la touche namuroise de TEDx ?

MAF : Il est traduit en langue des signes. On ne doit pas être beaucoup à le faire. On nous a aussi dit que l’ambiance de ce TEDx est vraiment bienveillante, il y a un truc en plus. Et puis, c’est une licence universitaire, contrairement à Bruxelles ou à Liège qui sont organisés par des asbl, dans une autre dimension.

CM : Combien de temps prend la préparation d’un TEDx ?

MAF : Dix mois…

CM : Comment vous choisissez le thème ?

MAF : Par brainstorming avec les étudiants.

CM : Combien de personnes travaillent sur ce TEDx ?

MAF : Une quinzaine d’étudiants sur base volontaire, un coach externe et moi. On se réunit toutes les trois semaines et je m’occupe des constantes durant les périodes de congés académiques (dossiers, licence, budget, technique…). A partir de février, le rythme s’intensifie jusqu’au jour J.

CM : Quels sont les objectifs poursuivis par l’UNamur ?

MAF : L’université a trois missions : enseignement, recherche et service à la société. Ici, on fait la jonction entre les missions de recherche et de service à la société.

CM : Le choix des orateurs ?

MAF : Les orateurs sont choisis en fonction de l’actualité, des thématiques et des axes qui les composent. On favorise une parité homme-femme et une parité chercheur-société civile. On essaie aussi d’avoir une ou deux « têtes d’affiche » pour amener notre public vers des profils moins connus. Le point commun entre tous est qu’ils ont un message à faire passer, ils ont un réflexion sur la société.

CM : Pourquoi les orateurs participent ?

MAF : Il y a le label… Des célébrités comme Bill Clinton, Bono et Jamie Oliver ont participé à un TED. Et puis ils disent tous qu’ils veulent faire une fois l’exercice de vulgariser leur projet ou leurs expériences en 10-20 minutes, de faire passer un message clair en bénéficiant d’un coaching. La visibilité, l’accompagnement et l’expérience sont leur motivation. Ils ne sont pas payés, c’est interdit dans le cadre des TEDx. On prend juste en charge le logement et le déplacement.

CM : Combien de temps dure l’accompagnement ?

MAF : On commence en septembre généralement. On créée chaque intervention avec chaque orateur pendant 3 à 6 séances d’1h. C’est un énorme boulot mais le résultat est à la hauteur !

CM : Vous en êtes à la 5ème édition, jusqu’où irez-vous ?

MAF : Je ne sais pas, jusqu’à ce que les gens en aient marre ! C’est un concept inépuisable et c’est une fois par an donc les gens n’ont pas le temps de se lasser. L’année prochaine on va ajouter un pré-TEDx orienté entreprise et promotion de la recherche avec de très jeunes chercheurs, pour trouver de nouveaux publics.

Vous l’avez compris, ceci est un article sur le TEDx namurois, pas sur le contenu de cette 5ème édition. Pour combler un éventuel goût de trop peu, les vidéos des interventions sont en ligne et vous permettront de vous (re)plonger de l’autre côté du miroir : www.tedxunamur.be

Crédit Photo : Philippe Santantonio

Commentaires

commentaires