Au Soleil du grand Est : un feu d’artifice de couleurs

Chronique de Tiffany Vitali / Photos de Tiffany Vitali

Tiffany Vitali

Du 20 mars au 1er août, au Delta, se déroule Au Soleil du grand Est, une rétrospective des œuvres et réalisations de Martine Canneel. Deux étages sont dédiés à cette exposition haute en couleur, organisée par le service de la Culture de la Province de Namur.

Martine Canneel est une artiste belge inspirée par le bouddhisme, aussi bien dans sa vie que dans son art. Du haut de ses 85 ans, elle a consacré une partie conséquente de sa vie à ses créations. Cette artiste est partie de la Belgique pour s’installer en Australie dans les années 80 et le moins que l’on puisse dire, c’est que le voyage et la découverte se ressentent dans ses œuvres.

L’exposition nous emmène dans un grand voyage au cœur de son univers singulier, influencé par le mouvement pop art. Du dessin aux croquis, à l’architecture, aux vêtements, jusqu’à des sculptures réalisées en plexiglas avec des néons, elle travaille sur tous supports et partout. La diversité est caractéristique de son art.

Lorsque nous sommes sur place, le nom de l’exposition apparait comme une évidence. La lumière est présente dans la quasi-totalité des œuvres, principalement grâce aux matières plastiques réfléchissantes utilisées par l’artiste.

La sculpture Ô, où sont les champs ? composée de bois, de miroirs, de plexiglas, le tout surmonté de tubes néon et de figurines, resplendit dans la salle grâce à sa lumière et ses couleurs flamboyantes. Martine Canneel propose un art engagé et, dans ses œuvres, chaque détail compte. On ne le voit peut-être pas à première vue mais un petit bœuf se situe au milieu de la sculpture et dénonce l’élevage intensif des bovins. Ô, où sont les champs ?  est sûrement une de mes réalisations favorites de l’exposition.

Tiffany Vitali

Dans d’autres de ses œuvres, l’artiste utilise également des jouets qui ont marqué son enfance, notamment avec la sculpture Good Luck, réalisée en 1979, où une figurine de Superman surplombe la création.

Au cours de sa vie, l’artiste a délaissé les matériaux industriels et a développé une certaine sensibilité pour l’écologie. Elle s’est donc dirigée vers l’utilisation de composés naturels. Au lieu du plexiglas, elle utilisera plutôt des feuilles de cellulose plastique et le résultat n’en est pas moins incroyable. La deuxième partie de l’exposition dédiée à Martine Canneel nous plonge dans cette ambiance au cœur de la nature.

Des bruits d’insectes et d’oiseaux emplissent la pièce et nous font passer un moment suspendu, hors de l’industrialisation. Cette atmosphère forme un contraste avec la vue incroyable sur la ville de Namur, grâce aux grandes fenêtres du Delta – un beau mélange entre la nature et l’urbain. Cette partie de l’exposition ravira les amateurs de photographie.

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Une des œuvres phares de Martine Canneel est sa maison mandala, qui porte le même nom que l’exposition : Au Soleil du grand Est. Elle se situe dans la petite ville de Eudlo, dans le Queensland en Australie. La maquette du bâtiment est à retrouver au Delta, entre des photos des pièces de la maison, du jardin mais aussi d’objets décoratifs. C’est un coin très zen, qui transmet aux visiteurs les influences bouddhistes de Martine Canneel.

L’univers et la démarche de l’artiste étaient deux belles découvertes lors de mon passage au Delta.

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