Un premier clip pour Morning Mood

Quand des bénévoles Cinqmille (pas tout à fait namurois mais namurois de coeur quand même) sortent un premier clip avec leur groupe, on ne peut qu’en parler !

C’est quoi les envies derrière le projet Morning Mood ? 

Charles : Artistiquement, on a beaucoup discuté au départ avec Charlie pour essayer de trouver notre son, notre univers, nos thématiques aussi. On a été assez vite d’accord d’ajouter un coté plus électro à tout ce qu’on avait déjà fait auparavant, tout en gardant le côté très chaud, très vrai des instruments acoustiques qui ont une grande place dans le projet (je pense à la guitare acoustique, en avant dans à peu près tous les morceaux mais aussi au piano ou même des instruments un peu plus inattendus comme l’harmonica ou le banjo).

Ensuite, notre démarche de composition a pas mal évolué par le contact avec les autres musiciens, Giuseppe, Apolline ou Sullyvan ; chacun a apporté sa touche. Pour Lazy Sunday Morning par exemple, l’idée de composition et d’arrangement vient d’un de mes moments de solitude profonde dans ma déprimante ville d’Erquelinnes, mais Charlie a pas mal modifié le morceau, rajouté des effets, des arrangements supplémentaires et ses parties guitares électriques qui finalement donnent au morceau toute son évolution, sa dimension. Et puis sur cette chanson, la voix et le texte d’Apolline qui ont propulsé la chanson à un tout autre niveau… L’envie principale, je dirais que c’est de faire la musique qui nous plait, qui nous ressemble au moment où on a envie de la faire ; et de la jouer de la manière la plus professionnelle possible. D’où tout le travail qui entoure le groupe aussi.

« Derrière Morning Mood, il y a l’envie de monter un groupe de compositions qui feront planer, au dessus d’une réalité mondiale révoltante »

Photo : Eléa Durieu

On est en autoproduction que ça soit musicalement où même pour tout le reste, tout est fait par nous, et nos potes (sans qui on serait bien dans la merde d’ailleurs). Ça amène une liberté absolue sur nos activités mais il faut le dire, ça nécessite un autre niveau d’engagement, chacun des membres a un rôle supplémentaire que celui de la musique (comptable, responsable presse, gestion des droits d’auteur, maintenance du matériel, contact concert, communication, infographiste…) On doit pouvoir tout faire.

Apolline : Derrière Morning Mood, il y a l’envie de monter un groupe de compositions qui feront planer, au dessus d’une réalité mondiale révoltante, les gens qui les écouteront aussi ! Que ce soit dans le message sous jacent des textes ou dans l’ambiance musicale, nous avons tous les cinq envie je crois de transmettre quelque chose qui reste dans le cœur des femmes et des hommes qui écouteront nos notes de musique.

Il y a aussi le désir d’y mette beaucoup d’ambition et donc énormément d’énergie et surtout bien plus de temps que prévu ahah !

« On aime la musique, on sait ce que ça procure au monde, quelles valeurs elle peut transmettre, à quel point elle aide dans les moments maussades ou comment elle force la joie lorsque le soleil revient. »

Charles, Charlie, Giu, Sully et moi avons entre 20 ans et 24 ans. Certain.e.s pensent que c’est prématuré pour se lancer les yeux fermés dans un projet professionnel. Nous avons pourtant les yeux en face des trous, on sait que c’est beaucoup de travail, mais ça ne nous impressionne pas. On aime la musique, on sait ce que ça procure au monde, quelles valeurs elle peut transmettre, à quel point elle aide dans les moments maussades ou comment elle force la joie lorsque le soleil revient. Alors, pourquoi ne pas se donner les moyens de diffuser notre passion ?

Etienne Scaff

Votre premier clip sort vendredi, vous pouvez nous dévoiler une partie ce qu’on y verra ? 

Charles : Une scène post-coïtale suggérée pour Apolline, Charlie et Giuseppe (pas tous ensemble, espèce de pervers !) `

Charlie : Ce premier clip va tout simplement révéler ce qu’est et ce qui anime notre projet ! C’est à dire de la poésie, des moments forts, de la nostalgie.. Sinon, spoiler alert, il y a un vélo, des tasses et des guirlandes.

Apolline : …beaucoup trop de Pastis dans nos verres ?

Etienne Scaff

Y a-t-il des groupes belges qui vous ont influencé, inspiré, que vous suivez de près

Charles : Oui, énormément. A titre personnel, je suis de très près la scène musicale belge, parce qu’elle me passionne, je la trouve à la fois extrêmement riche mais pourtant très discrète. J’ai passé des nuits entières à naviguer sur Youtube pour trouver des vidéos amateurs obscures de groupes du fin fond du Limbourg… Je crois parler au nom de nous 5 en citant ces 2 groupes qui sont parmi les groupes les plus connus en Belgique. Il s’agit des Girls in Hawaii et de Balthazar. 2 groupes tout à fait différents, un wallon et un flamand mais qui nous ont tous énormément apporté.

Apolline : Comme le dit Charles, Girls in Hawaii et Balthazar sont vraiment de grandes inspirations pour nous. J’ajouterais Tamino aussi, pour la pureté de sa musique et son univers bercé d’Orient. Peut-être citer Glass Museum aussi pour la suite du projet, qu’on désire rendre plus électro ? Puis, si on sort de l’univers belge, London Grammar nous ont pas mal guidés dans ce qu’on voulait pour le mix. On peut aussi aborder Tame Impala (Australie), alt-J (Grande-Bretagne), Middle Kids (Australie), pour être complet.e.s !

Charles et Charlie, vous avez vu naitre Cinqmille, et vous suivez toujours le projet de près, qu’est-ce que vous aimez dans ce projet ?

Charles : J’aime son côté fédérateur. Cinqmille m’a permis de rencontrer à peu près tout le secteur culturel namurois dans un cadre très humain. D’un métalleux un peu geek qui imitait un dindon à un journaliste de Médor en passant par à peu près tous les groupes musicaux de la région, j’ai rencontré une blinde de monde autour d’un godet. C’est un cadre où les gens se permettent d’être eux, réellement. Sans forcément prendre un masque, celui de leur profession. Ca m’a apporté beaucoup et je dirais que ça m’a permis de comprendre l’ampleur que la culture avait sur sa société et à quel point elle était vitale. J’aime aussi beaucoup écrire mes articles, sans qu’on m’emmerde si j’utilise tel ou tel mot. Cinqmille, c’est la liberté, et dans la liberté, l’intensité…

Charlie : Je dirais que ce qui me plaît avant tout dans ce projet c’est qu’il permet d’être proche de la culture et donc d’avoir ce côté très humain avec ce qui nous entoure. C’est totalement à l’opposé d’autres médias plus classiques qui ont une démarche plus élitiste et « sensationnelle » de la culture. La proximité entre les plusieurs acteurs culturels, artistiques et le public est donc beaucoup plus simple, naturelle. Et évidemment ça permet donc de boire un verre ensemble ce qui est toujours très agréable !

Et pour vous, lancer un Sixmille, un Septmille… bonne idée ou pas bonne idée?

Venant tout droit du pays noir, l’idée me plairait énormément et je serais derrière le projet dès la proposition d’idée. Néanmoins j’émets une retenue, c’est que si le milieu culturel carolo est aussi riche, je ne suis pas certain que quelqu’un aurait le temps, ou les reins assez solides pour héberger un tel projet. En tout cas si quelqu’un lit ces mots et voudrait lancer le projet, je suis très motivé pour lui donner un coup de rein, heu non, de main ! Pardon.

Charlie : Pour le coup de rein, ça dépend quand même de qui se propose.. Blague à part, c’est vrai que Charleroi dispose d’une culture très riche ! Non pas seulement par les « grosses » structures culturelles, mais aussi par le nombre d’artistes, de créateurs, d’événements ponctuels et d’une multitude d’activités culturelles qui sont parfois trop méconnues. Et il serait intéressant de pouvoir en faire globalement sa promotion ! Le Comptoir des Ressources Créatives est bien présent à Namur comme à Charleroi donc pourquoi pas la création de Sixmille !

Apolline : Toujours à 100% pour faire vivre la culture et les artistes qui restent proches des gens : let’s gooo !

Ecoutez Lazy Sunday Morning en attendant le premier clip
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